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SUSPENS, EN SUSPENS, adj. masc., subst. masc. et loc.
Étymol. et Hist. I. Adj. 1. ca 1245 souspens « suspendu de ses fonctions » (ici, un évêque) (Philippe Mousket, Chron., éd. De Reiffenberg, 30505 ds T.-L.); 1527 (conseillers du parlement) suspens de leurs offices (Chron. parisienne de Pierre Driart, éd. F. Bournon ds Mém. Soc. Hist. de Paris, t. 22, p. 122); 2. ca 1375 suspensé « interrompu, arrêté » (ici, en parlant de l'action du feu) (Oresme, Livre du Ciel et du Monde, 103d, éd. A. D. Menut et A. J. Denomy, p. 404); 3. a) xves. « perplexe, figé dans l'indécision ou l'attente » (Ancienn. des Juifs, Ars 5082, fo214a ds Gdf.); b) 1458 « en sursis, reporté, non jugé » (Arnoul Greban, Passion, éd. O. Jodogne, 1576); c) 1508 tenir (qqn) suspens « laisser dans l'incertitude, l'indétermination » (Éloy D'Amerval, Le Livre de la Deablerie, éd. Ch. F. Ward, 115b). II. Subst. A. loc. en suspens 1. 1314 tenir en souspens « suspendre, arrêter, interdire » (Mandement de Philippe le Bel ds Rec. gén. des anc. lois fr., t. 3, p. 40); 2. 1330 mettre en suspens « reporter, surseoir l'application de » (Ordonnance Philippe VI, ibid., t. 4, p. 383); 3. a) ca 1465 tenir en suspens « laisser dans l'indécision, remettre à plus tard le règlement, le jugement de » (G. Chastellain, Chron., VI, 133, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 5, p. 209); b) 1560 « sans décider, en suspendant son jugement, sans se prononcer » (Calvin, Institution chrétienne, I, 15 éd. J.-D. Benoît, t. 1, p. 215); 4. 1485 tenir (qqn) en suspens « laisser dans l'incertitude, la perplexité, l'attente » (Mistère Viel Testament, XXXV, 30030, éd. J. de Rothschild, t. 4, p. 261); 5. 1826 tenir en suspens « tenir en haleine, captiver » (Balzac, Physiol. mariage, p. 121); 6. 1866 « retenu, qui tient en l'air, qui ne retombe pas » (Hugo, Travaill. mer, p. 310). B. 1839 « interruption momentanée, moment de pause ou d'attente » (M. de Guérin, loc. cit.). Empr. au lat.suspensus, -ae, -um, part. passé adj. de suspendere (v. suspendre), en partic. à l'empl. subst. dans l'expr. in suspenso « en sursis, en attente ».